Des fouilles archéologiques confirment une présence gauloise et romaine à La Baule.

La construction d’un lotissement au Guézy a été retardée en raison de la découverte d’un site archéologique majeur.

Selon l’endroit où il souhaite construire, un promoteur immobilier est parfois contraint de procéder à des fouilles. En avril dernier, les archéologues de l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) sont intervenus sur un chantier au Guézy, situé vers le 40 avenue Joliot Curie, et ils ont découvert une activité gauloise, puis romaine, très intense. Une nouvelle phase du chantier a été lancée à la rentrée et elle se poursuivra jusqu’à la mi-décembre. Damien Séris, archéologue à l’INRAP (Institut national de recherches archéologiques préventives) et responsable de cette opération, rappelle les conditions de son intervention : « Le service régional de l’archéologie prescrit dans un premier temps un diagnostic archéologique, en fonction du lieu du projet, et c’est ce que nous avons fait dans cette ancienne zone maraîchère. Dans un premier temps, nous avons effectué un diagnostic en creusant des tranchées avec une pelle mécanique, en ouvrant à peu près 7 à 10 % de la surface totale de ce projet qui fait 4,7 hectares. Ensuite, on voit si l’on a des vestiges. Or, il s’avère que l’on a découvert des vestiges de l’époque gauloise, de l’époque romaine et de l’époque médiévale. À l’issue de ce diagnostic, nous avons fait un rapport pour le service régional de l’archéologie et ils ont décidé de poursuivre les fouilles sur 3,5 hectares. Nous avons été saisis du dossier après un appel d’offres et nous avons décidé de travailler en deux phases : d’abord, il y a eu deux fouilles entre fin avril et fin juin, et une deuxième phase se poursuit jusqu’à mi-décembre ».

Une occupation du site depuis l’Antiquité.

Les découvertes sont remarquables car elles révèlent plusieurs phases d’occupation humaine depuis l’Antiquité : « C’est important à plus d’un titre. On n’intervient pas souvent à La Baule, et nous avons une grande fenêtre d’observation avec ce site. On ne soupçonnait pas toute cette occupation. Quand je parle de l’occupation gauloise, c’est au milieu du premier siècle avant notre ère et, après, on a quasiment une occupation continue jusqu’au troisième siècle de notre ère. Ensuite, on tombe sur du parcellaire médiéval ». Ainsi, « on a trouvé des secteurs d’habitat. Ces traces se résument par des négatifs de poteaux. Ce sont des ossatures bois. Quand vous plantez un poteau, il se désagrège au fil des années, mais on observe encore sa trace avec un comblement différencié. D’une manière générale, on trouve les vestiges qui sont les plus profondément enfouis. Il y avait un habitat à l’époque gauloise et, pour les traces les plus anciennes, c’est une activité liée au sel. Le pain de sel a servi de monnaie d’échange dans les courants commerciaux, puisque le sel était une denrée très précieuse. On remonte ainsi jusqu’au quatrième siècle avant Jésus Christ. ». Ensuite, on retrouve des traces d’habitation de l’époque romaine : « Pour l’époque romaine, c’est fidèle à leurs habitudes et c’est assez bien structuré. On retrouve les restes d’un enclos fossoyé, c’était ce qui permettait de délimiter les propriétés. C’est un fossé de 4 mètres de large et c’est assez colossal. On a aussi découvert un bâtiment de 5 mètres par 7 mètres. Il ne reste que le fond des fondations. C’est quelque chose d’assez classique qui ressemble à un petit temple. Ce petit temple se retrouve au sein de deux enclos. Si l’on part de l’hypothèse du petit temple, c’était probablement un temple privé pour un notable, à côté d’une grosse villa. On a également découvert du mobilier, c’est-à-dire des tessons de céramiques et de poteries, et c’est ce qui nous permet de dater les choses ».

Un dépotoir de l’époque romaine avec des débris de vieilles assiettes !

Peu importe l’époque, l’être humain est toujours confronté à la gestion de ses déchets… Les archéologues ont identifié des fragments intéressants dans des fosses dépotoirs de la période : « Par exemple, une céramique sigillée de l’époque romaine. C’est le reste d’une assiette qui est caractéristique du premier et du deuxième siècle. C’était de l’importation puisqu’à l’époque, il y avait deux gros ateliers, presque industriels, à La Graufesenque, près de Millau, ou du côté de Clermont-Ferrand. La production était colossale ». Damien Séris savait depuis plusieurs mois que les recherches seraient fructueuses, puisque le diagnostic préalable avait bien révélé une présence humaine, mais il ne s’attendait probablement pas à découvrir des traces d’une vie aussi intense du côté du Guézy !

Damien Séris sur Kernews

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