La Baule: l’inquiétude des professeurs de la Cité scolaire Grand Air

Photo : Olivier Boutry, professeur de sciences physiques, Gérald Mouillesse, professeur d’EPS et Valérie Laspougeas, professeur de physique, membres de ce collectif des professeurs préoccupés par l’avenir de la Cité scolaire Grand Air.

Un collectif, qui regroupe plusieurs professeurs de la Cité scolaire Grand Air à La Baule, vient d’exprimer ses préoccupations sur l’avenir de cet établissement : « Les postes sont supprimés les uns après les autres, on nous ferme des classes, alors que dans le même temps on empêche des élèves de venir chez nous. Ils choisissent une option ou une orientation et les dérogations sont systématiquement refusées ». La disparition de certaines options pourrait entraîner dans quelques années un désintérêt des élèves pour ce lieu, puis de nouvelles fermetures de classes et même, à terme, celle du site : « Par exemple, au lycée Aristide Briand, à Saint-Nazaire, ils viennent d’ouvrir une troisième classe de première STMG, alors que l’on nous refuse l’ouverture d’une classe ! Pourtant, nous aurions des élèves… L’année dernière, nous avions 6 élèves qui n’ont pas pu s’inscrire chez nous et on leur a proposé d’aller à Pornic ! Nous avons des élèves de Guérande qui ont souhaité suivre l’option EPS chez nous, mais ils ont été refusés, et nous avons aussi d’autres élèves qui ont demandé l’art plastique, mais qui n’ont pas vu leurs dérogations être acceptées ». Les professeurs dénoncent les effets pervers d’une logique de nature purement comptable : « On pourrait ouvrir de nouvelles options, ce qui permettrait aussi de diminuer le nombre d’élèves par classe, et cela permettrait également aux élèves d’autres communes de venir, lorsque des options les intéressent, puisque dans la réforme on parle bien d’aider les élèves à choisir leur enseignement ». À l’avenir, avec moins d’élèves en classe de seconde, c’est la Cité scolaire Grand Air dans son ensemble qui serait menacée : « Avec moins d’entrées en seconde, nous aurons moins d’élèves au fur et à mesure, en première, et ainsi de suite. Il y a quelques années, nous avions 7 classes de seconde, 2 classes de première L et 2 classes de STMG. Aujourd’hui, nous n’avons plus qu’une classe de STMG et une classe de première L ! » Cela signifie-t-il, pour le ministère de l’Éducation nationale, que La Baule devient une ville balnéaire et que les familles doivent s’orienter davantage vers les terres pour la scolarisation de leurs enfants ? C’est une crainte des professeurs : « Il y a un nouveau lycée à Pontchâteau qui va recruter sur Herbignac. Donc, cela va libérer des places à Guérande. Et, entre La Baule et Guérande, il y a forcément l’un des deux lycées qui ne survivra pas, d’autant plus que nous avons un autre collège à La Baule ». Les enseignants déplorent par ailleurs les différences d’application de la réforme Blanquer entre les grandes villes et les zones moins denses : « La réforme offre aux élèves la possibilité d’avoir des choix, mais ces choix sont faciles à faire dans les villes, parce que les établissements sont assez proches, alors qu’ici les choix doivent se faire entre Guérande, La Baule et Saint-Nazaire, ce qui pose des problèmes de transport aux familles ».

Fermeture d’une classe au Pouliguen : trois maires mécontents.

Adeline L’Honen, maire de Batz-sur-Mer, Michèle Quellard, maire du Croisic et Yves Lainé, maire du Pouliguen, viennent d’apprendre la fermeture d’une classe de sixième. Il s’agit d’une information relayée directement par les professeurs et les parents d’élèves. Ils regrettent de ne pas avoir été avertis directement par le rectorat et de ne pas avoir été associés à la problématique en amont : « 5 enfants seraient accueillis dans d’autres établissements, les maires s’interrogent sur les conditions de transports scolaires, puisque le seul établissement de la carte scolaire pour les trois communes est celui du Pouliguen. Par ailleurs, 32 enfants sont inscrits, alors que le seuil théorique de l’effectif d’une classe de sixième est de 28 élèves. Une classe de sixième avec 32 élèves semble difficile ». Dans un communiqué commun, les élus ajoutent qu’ils mènent une politique locale d’habitat « parce qu’ils savent que l’aménagement du territoire à l’échelle intercommunale et du bassin d’emploi est l’enjeu prioritaire pour l’avenir de la Presqu’île. Cette politique dépasse les seules frontières communales, même si Batz-sur-Mer, Le Croisic et Le Pouliguen sont directement touchées aujourd’hui. Leur démarche conjointe confirme l’importance du dynamisme de la stratégie engagée pour soutenir le nécessaire équilibre démographique de notre territoire et pour le bien vivre ensemble de toutes les tranches d’âge ».

Soyez le(la) premier(e) à laisser un commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*