Un partenariat d’étude entre l’Océarium du Croisic et l’Ifremer sur la fécondité des raies brunettes

L’Océarium du Croisic est connu pour être un lieu touristique qui fascine toujours toutes les générations, mais on sait moins qu’il s’agit aussi d’un laboratoire d’études permettant de mieux connaître et de mieux gérer les espèces marines. En partenariat avec l’Ifremer, l’Océarium travaille sur la fécondité de la raie brunette (Raja undulata), l’une des raies les plus présentes en Atlantique. Sept femelles adultes de cette espèce vivent et se reproduisent actuellement dans deux grands bassins de l’Océarium, dont le Tunnel. Les œufs pondus sont collectés par les soigneurs et placés dans des paniers d’incubation, afin d’estimer le nombre total d’œufs pondus par femelle au cours d’une saison de ponte, la durée d’incubation, ainsi que la proportion des œufs qui se développent jusqu’à un juvénile viable. Stéphane Auffret, directeur de l’Océarium du Croisic, signale : « Ce sont des œufs de grande taille pour des œufs de poissons, car la grande majorité des œufs de poissons vont d’un à quatre millimètres et les alevins font six à sept centimètres d’envergure à la naissance, ce qui en fait déjà des gros poissons relativement faciles à étudier. Comme les données scientifiques du milieu marin étaient peu connues, l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) nous a demandé de faire une étude avec eux sur cette espèce très commercialisée en Atlantique ». Ce suivi des pontes à l’Océarium permettra d’évaluer la fécondité dans les conditions en milieu protégé pour les raies brunettes. Ainsi, on ignore comment la fécondité en milieu naturel varie en fonction des secteurs de ponte. Par ailleurs, la température de l’eau de mer, le brassage des eaux de proximité ou la quantité de proies disponibles pour les raies constituent encore des facteurs méconnus. Dans ce contexte, ce sera certainement l’une des premières études mondiales sur la raie brunette : « Nous étions surpris, car nous étions persuadés que c’est une espèce commune, qui a été étudiée depuis des dizaines d’années, et que l’on savait tout sur cette espèce au niveau de la biologie, de la reproduction et de la croissance. Or, en fin de compte, non… Peut-être que c’est un poisson que l’on a eu tendance à négliger. C’est une espèce commercialisée en Atlantique. Au Croisic, nous avons un ou deux bateaux qui travaillent sur cette espèce, donc l’Ifremer avait besoin de données plus précises, car le milieu marin est un milieu inaccessible et très difficile à étudier sur le long terme, alors qu’un aquarium est un lieu protégé pour les animaux et nous arrivons à les étudier et à obtenir de très bonnes données biologiques et scientifiques ».

Stéphane Auffret indique que ces études permettent aussi de travailler sur les quotas : « Les quotas de pêche sont souvent évalués en fonction de données scientifiques qui ont été produites à partir des données des criées ou par des bateaux scientifiques. On mélange toutes ces données et on arrive à avoir des chiffres plus ou moins précis. Le milieu marin est toujours un peu inaccessible et il y a des manques de données sur certaines espèces ». Il s’agit donc d’une étude importante, qui pourrait faire le tour du monde : « C’est quand même une espèce plutôt européenne. Nous avions déjà des éléments en notre possession, mais que nous ne diffusions pas. Finalement, ce sont des données qui peuvent être intéressantes. En plus, c’est un sujet qui nous intéresse, puisque nous avons deux personnes de l’équipe qui vont travailler pendant quelques mois sur cette étude. Donc, c’est un beau challenge ». Ce partenariat entre l’Océarium du Croisic et l’Ifremer est mené dans le cadre du projet Pandora, financé par l’Union européenne.

Stéphane Auffret sur Kernews

 

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